dimanche 4 novembre 2007

Aujourd'hui sur Internet

Aujourd'hui sur Internet...
J'ai regardé le clip de Yelle avec les mecs qui font de la Tecktonik.Incroyable. Vous connaissez beaucoup de mouvements artistiques créés par des gosses de 15 ans, de la classe moyenne en plus? Dont la marque de fabrique la plus reconnaissable consiste en simuler un passage de gel dans les cheveux? Il faut écouter ce que dit la jeunesse, surtout quand elle le dit avec tant de conviction. Parce qu'il en faut de la conviction, pour qu'une génération entière mette autant d'insistance à ressembler à un breakdancer gay resté collé à sa première amphète. La Tecktonik me fascine parce qu'elle croit en elle. Les gamins sont à fond. Qu'est-ce qu'elle dit? Ma lecture, c'est une recherche de liberté, teintée de mal-être, symptomatiques de la jeunesse française d'aujourd'hui (et peut-être de toutes les jeunesses). Cette explosion de mouvements désordonnés est une soif de liberté. Une peur de passer inaperçu aussi, alors on attire l'attention, mais on se cache aussi, derrière les hyperactifs, il y a souvent quelqun qui se dissimule. Donc on se protège aussi; en passant les mains dans ses cheveux, on passe les bras autour de sa tête, on se protège en recréant une bulle protectrice perdue, celle de l'enfance. On danse fondamentalement seul, c'est une danse égocentrique. C'est une danse exhutoire de frustration, euphorisante: Dance as if nobody could see u!



J'ai lu le si polémique texte du discours de Sarkozy à l'Université de Dakar, en juillet 2007 (telechargeable ici). Au début, ça se lit bien. On est en juillet, on est encore dans les 100 jours d'état de grâce accordés à tout président (même au nabot-léon, dieu le conchie sur 18 générations), il fait beau, on est en Afrique, on s'ouvre l'appétit avec quelques bons sentiments. Rien de scandaleux. Les parallèles avec Hegel lus dans le monde diplo me paraissent même tirés par les cheveux: je ne doit pas être assez antisarkozyste. On continue la lecture. Et puis petit à petit, très vite à vrai dire, l'indigestion pointe son nez. Des passages font tiquer, le genre de passage dont il a du rigoler avec Guaino, avant le discours ("je peux pas dire ça quand même", pouffements de rire). Des morceaux restent sur l'estomac: le passage sur les bons colons a particulièrement du mal à passer. On se rend compte qu'on aurait pas du commencer le texte avec autant d'appétit. L'overdose pointe son nez quand l'hypocrisie se fait criante. Chaque cuillerée de "jeunes d'Afrique" a de plus en plus de mal à passer. Les oeillades à Senghor sont grossières et on maudit le mauvais patissier qui nous a servi ce plat indigeste: la nausée est inévitable devant tant de paternalisme gluant. On finit par vomir le repas en entier, ecoeuré par un plat bien décoré mais au final indigeste.

mardi 14 août 2007

L'écho du Raval, tome 2 - Septembre 2007

Oubliez le Gotico ou Gracia, c'est le Raval le vrai quartier star de Barcelone! Après avoir épaté le milieu médiatique en obtenant une chronique mensuelle dans "Pilote Urbain", le voila star de cinéma. C'est lui le rôle-titre du nouveau film de Antoni Verdaguer, "Raval, Raval...", un film sur la vie du quartier qui se focalise sur les petites histoires de ses habitants. A voir. Et puisque la télé est allumée, profitez-en pour (re)voir l'excellent documentaire "En Construccion", relatant la période-clé du Raval, sa modernisation urbanistique à la fin des années 90. Cet excellent film s'attarde sur les conséquences sociales d'une politique de "réhabilitation" du quartier qui n'a d'autre but que de chasser les classes populaires du centre, au profit de classes urbaines plus "bobos", tout en tentant de corriger la mauvaise réputation du quartier.

Car le Raval a une mauvaise réputation qui lui colle à la peau. "Barrio Chino", il a longtemps été une cour des miracles, labyrinthe de ruelles, pénombre propice aux commerces parallèles. Quartier de filous. On peut accuser la précédente chronique d'alimenter le cliché, de participer à la mauvaise réputation que le reste de Barcelone adore entretenir. Pourtant, il faut bien dire la vérité: des vols, dans le Raval, il y en a, il y en a plein, et de plus en plus. C'est une vraie recrudescence. Pour preuve, la liste suivante: une baguette de pain a 1,20 euros. Des loyers en coloc à 500 euros par mois, des commerçants qui écrivent leur liste de prix sous lsd. Des vols quotidiens, au su et au vu de tous, dans une parfaite impunité.

En attendant, après la San Juan et le mois de juillet, on oublie de poser les vraies question: faut-il rétablir les châtiments corporels à l'encontre des utilisateurs abusifs de pétards? Le chat de la Rambla del Raval (l'autre Rambla, la vraie!) en a les moustaches encore toutes hérissées. Devant ses yeux, les grues continuent de s'activer, et élèvent en plein centre de la rambla le futur Grand Hotel de luxe. A mesure que les étages s'empilent, le quartier continue sa mue: la plupart des bars intéressants ont déjà fermé. La Paloma se débat dans sa fermeture administrative. Les mossos d'esquadra courent après les vendeurs ambulant. Par moments, Barcelone n'en finit plus d'essayer de ressembler à n'importe quelle autre ville occidentale, et les capitales deviennent aussi identiques que des aéroports, où seul le contenu des boutiques de souvenir varie d'un pays à l'autre. Heureusement, chassez le naturiste, il revient au bungalow: rien de tel qu'une petite virée tout nu sur la Rambla pour se dire que définitivement, il se respire un autre air par ici. Vous connaissez beaucoup de villes où le droit de se balader les parties à l'air est garanti par arrêté municipal? Alors tous ensemble, marchons, pour que Barcelone reste Barcelone, tous à poil!!!



Olvidad el Gotico o Gracia, el Raval es el verdadero barrio-estrella de Barcelona! Despues de haber asombrado el medio mediatico obteniendo una cronica mensual en "Pilote Urbain", ahora es estrella del Cine. Es el el papel-titulo de la nueva peli de Antoni Verdaguer, "Raval, Raval...", una peli sobre la vida del barrio que se enfoca sobre las historitas de sus habitantes. A ver. Y ahora que la tele esta encendida, que aprovechen para (volver a) ver el excellente documental "En Construccion", relato un periodo-llave para el barrio, su modernisacion urbanistica al final de los 90. Esa excellente peli deja ver las consecuencias sociales de una politica de "rehabilitacion" del barrio, que no tiene ninguna meta sino la de echar a la periferia las clases populares del centro, reemplazandolas por unas clases mas ricas, mientras se intenta corregir la mala reputacion del barrio.

Porque el Raval tiene una mala reputacion que se lo pego. "Barrio Xino", ha estado mucho tiempo una selva, labyrinte de callejones, sombra favorable a los comercios paralelos. Barrio de ladrones. Uno puede acusar la precedente cronica de alimentar el cliché, de participar a la mala reputacion que el resto de Barcelona adora mantener. Mientras tanto, aqui hay que decir la verdad: robos, en el Raval, hay. hay muchos, y siempre mas. Es una verdadera epidemia. La prueba, la siguiente lista: una barra de pan a 1,20 euros. Habitaciones en pisos compartidos para 500 euros al mes. Comercantes que escriben su lista de precios bajo LSD. Robos cometidos de manera cotidiana, al ver de todos, en una impunidad total.

Mientras eso, despues la San Juan y un mes de julio cargado de festividades, se olvida hacer las verdaderas preguntas: debemos o no restablecer los castigos corporales para los usadores abusivos de petardos? El Gato del Raval tiene los bigotes todavia tremblando. Enfrente de sus ojos, las gruas siguen activandose, y elevan en el pleno centro de la rambla el futuro gran hotel de lujo del barrio. Mientras las plantas se apilan, el barrio sigue su mutacion: la mayoria de los bares interesantes ya han cerrado. La Paloma lucha contra su cierre administrativo. Los mossos corren atras de los pakis. A momentos, Barcelona no deja de intentar parecer a cualquiera otra ciudad occidental, y las capitales se ponen igual identicas que los aeropuertos, cuando solo el contenido de las tiendas de souvenir cambian de un pais al otro. Fortudanamente, luchar contra su esencia es siempre en vano: nada mejor que una vuelta de pelotas sobre las ramblas de canaletes para decirse que definitivamente, se respira un aire propio por aqui. Conocen muchas ciudades donde el derecho de caminar de pelotas es garantizado por acto municipal? Juntos, andamos, para que Barcelona se quede Barcelona, todos de pelotas!

6 Mai 2007

Ils sont la, ils s'croient forts,Ils pavoisent mais leur score ils le doivent au FN
Ils sont beaucoup quand meme parce que ce soir tout c que la France compte de pinces Vit son jour de gloire Leur ptite haine triomphe,
Ils sont beaucoup quand meme, le combat sera dur Mais soit sur qu'ils devront lutter, Leur carotte est pas pret de passer
Ils sont beaucoup quand memeLa France n'est pas Neuilly, meme si Sarko n'est pas Vichy On est beaucoup prets a prendre le maquis
Si il fautParce que meme désunis, dans la discorde, On supporte pas sur la Concorde les banderoles de l'uni
Faut l'dire, rien d'pire que la droite qui dechire et mon pays qui ouvre les fesses mon pays qui s'rabaisse
Mais on est beaucoup nous On est plus forts, on est pas morts, et ce soir dans la douleur on atten notre heure
On est plus nous, on est fort, on croit au futur nous, on a pas peur de lutter pour nos idees, representer notre passé, lutter pour ceux qu'ont pas de tunes, Mai 68 et la commune
Des gens sont morts, nos vieux ont crevé,pour un jour de greve, nos vieux ont crevé, ils nous r'gardent en c' moment ils pleurent peut etre en c moment le pays vire a droite, dangereusement lentement mais surement, on se fait carote facheusement eteins la tele, le facho ment, le clash augmente comme le CAC 40, les keufs en bande, les pinces en bandent, ils ont la bave aux dents, ecoute le peuple, parle avec les clando, les charclo parce qu on est tous dans l meme bateau
et on attend quoi quoi, qu'ca pete vraiment?
Ou sont nos ideaux quand les bouffons votent sarko, pauvre France, pays rance, regarde ta delinquance, c est pas le baton qui les f'ra rentrer dans l'rang, c'est pas les fachos qui te rendront ta gloire Et si tu continue a deriver c'est par ta lachete que tu mourras
Aujourdhui c'est par ta traitrise que tu pourris ta decheance tu la nourris, en ton sein ya quelque chose de moisi, regarde ses dents quand il sourit c'est pas fini
on y croit toujours, meme si ils sont beaucoup, ils peuvent pas nous enculer a perpetuité alors on sera debout dans l'adversité, trop gens sont dans cette lutte, c est rien, c comme ca, on peut perdre et se relever tant qu'y'aura des putes, y'aura des gens pour les niquer

tant qu'y'aura des luttes, y'aura une raison le matin d'me lever, tot ou pas, t'occupes pas, moi aussi j'suis français, tot ou tard, nous aussi on va triompher, et ce jour la on sera des milliards, et personne pourra nous clasher, C'est la Bastille qu'on va reprendre nous, On mettra Paris sens dessus d'ssous et tous autant qu'ils sont il souilleront leur pantalon

Texto escrito en Chepe en abril 2007

Todos llevamos, en el camino de la vida, una mochila cargada de piedras. Y segun los dias, estas piedras se hacen mas o menos pesantes. A veces, a uno, las piedras se le hacen demasiado pesantes, y lo dice a los que caminan cerca de el. Pero no pueden hacer nada para el, ya que cada uno esta aguantando el peso de sus propias piedras. Tambien, a veces, uno no aguanta mas este peso, y su paso se hace mas despacio, hasta que se sienta al borde del camino. A otros, no les importa mas caminar, porque cargarse el peso de las piedras se los hace imposible. Pero hay que seguir caminando porque las piedras se pueden aliviar sin anuncio. Yo, me acuerdo que me habia parado , de pie, en el medio de la carretera. Me pesaban mis piedras mucho y estaba buscando adentro de mi la fuerza para seguir caminando. Y de alli oi una risa fresca y regenerante: era tu risa. Te burlabas de mi. Te daba risa verme aqui, contemplando mis piedras, tratando de evaluar su peso. Y al verte burlarte de mi, me hizo gracia tambien. Empeze a reirme tambien y cuando mire hacia mis manos otra vez, no habia mas piedra: habia una florecita. En la mochila tambien, las piedras se habian cambiado en flores. Y desde entonces, cuando camine con tu mano en mi mano, mi mochila era llena de flores, que podia regalar a los que caminaban a mi lado o a los que estaban mirando desde el borde del camino.

Football Football Fooooootball

J'ai decouvert le football tout petit mais mes premiers souvenirs conscients et datables sont vagues... Un dossier du journal de Mickey retraçant le parcours de l'Olympique de Marseille jusqu'à la finale de 1991... Avec une présentation de l'entraineur intitulée très exactement "Raymond Goethals, le sorcier belge" (c'est drole, la mémoire)... La finale contre l'Etoile Rouge de Belgrade, ou j'avait pu exceptionellement me coucher apres les tirs aux buts... Olive et Tom... Papin et Cantona levant les bras en equilibre sur les panneaux publicitaires... Quelques matchs au Parc des Princes ou notre instit de CM2 avait des places gratuites... Notamment le France-Belgique, ou bien que dans le stade, je n'ai pas vu la celebre byciclette de Papin... Tout cela était un peu décousu, car mon père était plus rugby que foot, et nous n'avions pas de club dans notre village. Jusqu'à sa fondation (j'avais 11 ans)!!! Quel évènement! Tous les copains en étaient, avec un premier match gagné 3-0 contre le voisin, Maintenon. Ca ne vous interesse peut-etre pas mais c'est vous qui avez demande de raconter!

Bref, maintenant me voila un footeux confirmé, capable de decliner une invitation a un super repas chez une amie pour un huitieme de finale de champions league (elle m'en veut encore). J'ai pris le virus du PSG sur le tard. Pourtant, dans mes Yvelines natales, on est plutot PSG. on a tous un ami abonné, un cousin qui aurait fait le centre de formation, Mais j'adorais l'AJ Auxerre de Corentin Martins, Moussa Saib, Sabri Lamouchi. Allez comprendre. Ca ne m'a pas empeché de m'enflammer lors des campagnes européennes de l'ère Denisot, le PSG-Barca retour de 95 restant un pic emotionnel. Mais ca n'a pas fait de moi un supporter.

C'etait plus tard, en 2000. Il m'est arrivé à la fin du mois d'Octobre 2000 une série de coups durs comme la vie vous en réserve, du genre "avant tout allait bien", et après, c'est le bordel. Je n'ai pas fait le lien tout de suite, mais j'ai bientôt réalisé que la chronologie correspondait exactement aux déboires du PSG, flamboyant jusqu'en Octobre, déchu en novembre. J'ai établi une sorte de relation intime et superstitieuse avec le club, liant mes déboires aux siens, souffrant de ses défaites comme des miennes, jubilant également de nos victoires. J'aurais pu choisir un club plus stable, vous me direz, oui mais voila, on ne choisit pas. Peut-etre que si j'avais lié ma destinée à l'Olympique Lyonnais, je serais aujourd'hui un heureux expert en consulting, sûr de sa réussite sociale. Bref.

Me voila aujourd'hui un footeux en exil, loin de mon stade. Plus on voyage et plus on se rend compte que le football est un moyen de communication merveilleux et universel. Je garderais toute ma vie en mémoires quelques parties mémorables dans des stades de fortune ou de fortunés, une nuit a Marrakech (un Europe-Maroc, gagné par des marocains plus frais physiquement, contre des européens convalescents de la nuit précédente), un match à la Havane contre des cubains limités techniquement, un autre à Venise (avec une bande d'erasmus bourrés (pléonasme) sur la Piazza San Marco, magique!). Le foot n'est jamais aussi plaisant que la nuit, sur une place d'une ville inconnue, avec des equipes improvisées. Mais le moment le plus mémorable restera les France-Italie qui se sont déroulés à Seville en 2005...

J'étais là-bas en Erasmus. Tout est parti d'un mini-match nocturne et anecdotique. 2 francais contre 2 italiens. Seulement, nous avons gagné 10 à 3. Et ils l'ont mal pris. Ils l'ont tellement mal pris qu'on a du remettre ca. Entre temps, les équipes se sont structurées, le chambrage a occupé de plus en plus les conversations, jusqu'à ce qu'une bonne partie de la communauté erasmus franco-italienne sévillane ne parle que de ça. Chacun a été cherché son "fenomeno", ses tacleurs fous, son goal titulaire. Les T shirts étaient gribouillés des noms de l'équipe de France... Le temps de quelques parties, une autre équipe de France jouait une autre équipe d'Italie, sur un terrain vague de Séville. Mais autour de ce terrain, il y avait au moins autant de passion qu'au stade de France.

A l'occasion d'une année andalouse, je me suis entiché du FC Séville. D'ou le pseudo Cruzcampo (bière officielle et identitaire de la ville de Séville, omniprésente dans les publicités du stade Nervion). Dans mon panthéon figurent également le Werder Breme de Johann Micoud, la Reggina, la Hollande de 74. River Plate. Rijkaard, Brolin. Hagi et Raduscueiou (?). Abedi Pelé, Rai, Moussa Saib. Blanc. Et Zidane.

L'écho du Raval, tome 1 - juin 2007

PILOTE URBAIN


L'écho du Raval

Qu'est c'qui s'est passé au Raval ce mois ci?

A l'ouest de la Rambla, rien de nouveau: les skates grindent le Macba, les pakis assurent le service, les bières se cachent quand les flics arrivent. Ordonnance civique? Pour le civisme on repassera. Ici c'est territoire libre. Bienvenue chez les comanches. Les tuniques bleues roulent en Mégane Scénic série limitée Guardia Urbana. United color of Benetton a son quartier. Les anglais viennent en Ryanair avec le skate dans la soûte à bagage depuis que le spot du Macba est apparu dans Tony Hawks Skateboarding. La rue Joaquin Costa sert de Champs Elysées, version Bollywood. Entre les épiceries, le plus grand taux de cyber-café au metre carré d'Europe. Que du bonheur pour les amateurs de falafel et de Chorba. Quand la nuit tombe, on squatte le Macba jusqu'à ce que les nettoyeurs nous karchérisent. Ca se déplace vers la rambla del Raval, vers les bars ou les discothèques, pour les mieux habillés. Pour les autres, un coin de bitume, les potes et quelques bières. Attention à bien attacher sa bicyclette, on est dans le triangle des bermudes: record mondial de disparitions inexpliquées. Le casting a peu changé, on retrouve des têtes connues. Rien n'était moins sûr: depuis un an,les loyers ont à nouveau flambé, signe que le quartier à la cote. Les jours des classes populaires sont comptés, y compris des immigrés, excepté pour ceux qui ont eu le temps d'investir dans la pierre. Pour les autres, d'ici au prochain renouvellement du bail, on croise les doigts pour que le proprio ne soit pas abonné à l'Argus de l'immobilier.
Le Sonar débarque en plein mois de juin comme une base américaine dans la petite ville de Guantanamo. Tout à coup, une enclave. Mur du son ou mur de la honte, le petit peuple du Macba se voit coupé de sa verte prairie. Il se déplace, encore, pour faire la même chose un petit peu plus loin, mais il est submergé par une marée humaine multicolore et peroxydée: la tribu du Sonar a pris possession du quartier. Pour quelques jours, le squatteur du Macba ne retrouve plus les siens. Perdu sans sa meute, il doit utiliser son mobile. Mais il n'aime pas ça, car son mobile n'a jamais de crédit. Qu'à cela ne tienne, le temps de s'habituer à ce nouveau décor, le sonar aura plié sa tente pour un an. La vie du Raval peut reprendre son cours, ainsi que la bourse des vélos volés, à peine affectée par le succès du Bicing. Il faut dire qu'avec un nombre de velocipèdes gonflé à 950 pour 50 000 abonnés, on a une chance sur cinquante-trois de trouver pédale à son pied: il faut mieux ne pas être pressé. Pour le coup, les adeptes du bike-jacking n'y sont pour rien: avec leur gps, les vélos de la ville sont involables. Où alors localisables en cas de vol, nuance, ce qui permet à la ville un suivi de ses pertes, comme à Lyon la précurseure où on est heureux de savoir dans quel pays certains de ses vélovs ont passés des frontières. Le Macba restera une terre de skateurs pour le coup: à quelques jours du Tour de France, peu de nouvelles vocations suscitées, même si on attends toujours les résultats des contrôles anti-dopage effectués à a sortie du Sonar. Pour le squatteur du Macba, pas besoin de contrôle, c'est positif à la bière à tous les coups.


Al oeste de la Rambla, nada nuevo: los skaters saltan el Macba, los pakis aseguran el servicio -cerveza cold beer-, las birras se esconden cuando los polis pasan. Ordenanca civica? Para el civismo, veremos mas tarde. Aqui es territorio libre. Bienvenudos a la reserva sioux. Los cowboys van en Megane Scenic serie limitada Guardia Urbana. United colors of Benetton tiene su barrio. Los ingleses vienen con Ryanair desde que el Macba salio en Tony Hawks Skateboarding. La Joaquin Costan sirve de Campos Eliseos, version Bollywood. Entre los bares, el record de cyber cafe al metro cuadrado. Felicidad total para los aficionados de Falafel y de Chorba. Cuando cae la noche, okupamos el Macba hasta que los limpiadores nos limpian al Karcher. Se mueva el rollo hasta la rambla del Raval, a bares o discotecas para los mejores vestidos. Para los demas, un rincon, los colegas y unas cervezas. Cuidado a encadenar su bici: aqui esta el triangulo de los bermudos, record mundial de desapariciones inexplicadas. El casting cambio poco, se reconocen muchas caras. No era cierto: desde un ano, los alquileres han explotado otra vez, signo que el barrio tiene aficionados. Los dias de las clases populares son contados, incluso los de los inmigrantes, excepto para los que han tenido el tiempo de invertir en la piedra. Para los demas, de aqui hasta el proximo contrato, se crucen los dedos, esperando que el dueno no estara al corriente de los nuevos precios.
El Sonar llega en la mitad de junio como una base estadounidense en la pequena ciudad de Guantanamo. De repente, un encierre. Muro del sonido o muro de la verguenza, el pueblo del Macba se ve cortado de su verde llano. Se desplaza, un poquitin mas lejos, para hacer lo mismo al lado, pero se ve submergido por una marea multicolora y peroxydada: la tribu del Sonar ha tomado el barrio por unos dias. Por algunos dias, el nen del Macba no encuentra los suyos. Perdido sin su gente, tiene que usar su movil. Pero eso no le gusta; su movil nunca tiene saldo. No importa, dentre de poco, el sonar hara plegado, para un ano. La vida del Raval puede volver a su curso, igual que la bolsa de las bicis robadas, apenas afectada por el exito del bicing. Hay que precisar que con un numero de bicicletas elevado a 950 para 50 000 abonados, uno tiene una suerte de cada cincuenta tres de encontrar una pedala a su pie: mejor no tener prisa. Por esta vez, los adeptos del bike-jacking no tienen ninguna culpa: con su GPS, las bicis son in-robables. O sea, localizables en caso de robo, diferencia, lo que permite a la ciudad seguir sus perdidas, como en Lyon donde se esta muy feliz de saber cuales frontieras han cruzado sus bicis. El Macba quedara una tierra de skate board: a unos dias del Tour de France, pocas nuevas vocaciones provocadas, aunque todavia se espera los resultados de los controles anti-doping efectuados a la salida del Sonar. Para el nen del Macba, no hace falta ningun control, estaria positivo a la birra, fijo.

Inventaire à la Prevert

Inventaire a la Prevert

En Amerique centrale, plus precisément dans les pays du Costa Rica, du Nicaragua et du Honduras, si on se debrouille bien, et aussi si on a un peu de chance, on peut trouver:

- Un français et une autrichienne qui travaillent dans des fermes biologiques
- un Colombien qui joue de la trompette quand la nuit tombe
- un basque qui a connu la mala Rodriguez
- une quebecoise qui a été au Honduras en 1990
- des ex hippies des USA
- un français un peu fou qui manage un groupe de musique indienne
- des canadiens qui cherchent une maison a Granada
- des ex refugiés nicaraguayens qui parlent un francais parfait
- un madrilene qui parcourt l amerique centrale tout seul
- un hondureno caribeen de 80 ans qui a fait 10 fois le tour du monde
- un anglais de Ipswich qui apprend l espagnol a San Pedro Sula
- Des costa ricains de Heredia
- Des turcs de Ankara qui ont le meme accent qu'Ali G
- Des belges qui vont des USA à la Patagonie en minivan
- Une quebecoise qui en a marre de l'Amerique centrale
- Un londonien tres utile pour faire le coup de poing
- Un autre londonien tres utile pour faire la fete
- Encore quelques canadiens a l'accent impossible...



Inventario a la Prevert

En America central, mas precisamente en los paises del Costa Rica, Nicaragua y Honduras, si uno lo busca bien, y si uno tiene un poco de suerte tambien, uno puede encontrar:

- Un frances y una austriaca que trabajan en granjas biologicas
- un colombiano que toca trumpeta cuando cae el sol
- un vasco que ha conocido la Mala Rodriguez
- una chica de quebec que ha estado en Honduras en 1990
- unos ex jipis de los estados
- un frances un poco loco que guia una banda de musica de India
- unos canadienses que buscan una casa en Granada
- unos ex-refugiados nicaraguenses que hablan un frances perfecto
- un madrileno que recoje America central solo
- un hondureno caribeno que ha dado 10 veces la vuelta al mundo
- un ingles de Ipswich que aprende el espanol en San Pedro Sula
- unos ticos de Heredia
- unos turcos de Ankara que tienen el mismo accento que Ali G
- unos belgas que van desde los estados hasta la Patagonia en minivan
- una chica de Quebec que esta harta de America central
- un londinense muy util para el pleito
- un otro londinense muy util para la fiesta
- y unos otros canadienses al accento imposible...